Sur les boards où le BTN possède un gros avantage de range, même une underpaire peut devenir un bon candidat à barrel. L’essentiel est d’évaluer la valeur des mains que l’on fait folder, les bloqueurs et les redraws.
Dans un Spin & Go 25bb, quand le BTN open et que la BB call, la structure préflop crée déjà une situation favorable au BTN. Le BTN entre dans le pot avec une range relativement tight et linéaire, tandis que la BB défend beaucoup plus large grâce à de bonnes cotes du pot.
Ainsi, sur des flops avec beaucoup de cartes hautes comme A-K-Q, A-K-J ou K-Q-J, le BTN n’a pas seulement la position : il possède aussi beaucoup plus de nuts et de fortes mains à une paire. Sur ce type de board, la BB doit mathématiquement défendre assez souvent, mais dans la pratique, la structure de sa range contient trop de mains qui supportent mal la pression.
Les boards sur lesquels le BTN peut exercer le plus de pression sont ceux qui contiennent beaucoup de cartes hautes. À l’inverse, sur les boards bas avec un 8 ou moins comme carte haute, la large range de défense de la BB touche plus souvent, ce qui réduit la fréquence automatique de C-bet du BTN.
Ordre des flops favorables au BTN
Supposons que le BTN open à 2bb à 25bb deep et que la BB call. Le flop vient A♠ K♠ Q♥. C’est une structure typique où le BTN peut C-bet fortement avec presque toute sa range. En misant 3bb dans un pot de 4.5bb, soit environ 67% du pot, la BB doit abandonner beaucoup de Kx, Qx, tirages faibles et hauteurs.
Après le call flop de la BB, le turn est le 5♦ et le pot passe à 10.5bb. Ici, quand le BTN mise à nouveau 7bb, une question intéressante apparaît. Une underpaire comme 66 doit-elle check, ou faut-il la pousser en bluff ?
Pot turn après la mise flop : 4.5 + 3 + 3 = 10.5bb
Mise turn : 7bb dans 10.5bb
Fréquence de fold breakeven pour un bluff pur : 7 / (10.5 + 7) = 40.0%
Équité nécessaire pour la BB lorsqu’elle call : 7 / (10.5 + 7 + 7) ≈ 28.6%
66 obtient immédiatement un gros gain si des mains qui le battent actuellement, comme Kx et Qx, foldent
Même payé, il peut encore toucher un 6 river et passer devant avec un brelan, ce qui le rend meilleur qu’un air total
66 n’a presque aucune showdown value. Si l’on check et que l’on va jusqu’à la river, on perd contre la plupart des mains de la BB contenant simplement un A, un K ou une Q. Mais si l’on mise, l’histoire change.
Premièrement, au moment où la BB fold Kx ou Qx, 66 fait passer une main plus forte que lui. Ce n’est pas un simple bluff, c’est une réalisation de valeur concrète. Deuxièmement, même lorsqu’on est payé, il reste une petite possibilité de toucher un 6. Troisièmement, comme l’EV du check est faible, le seuil de fold equity nécessaire est plus bas qu’il n’y paraît.
Intuitivement, AA est une main forte, donc on veut continuer à miser, tandis qu’on aurait envie d’abandonner 66. Mais dans ce spot, il faut penser à l’inverse.
Quand on détient AA, le nombre de combos Ax possibles chez la BB diminue fortement. Autrement dit, quand on mise, il y a moins de top paires qui peuvent payer, et peu de mains que l’on veut vraiment faire folder. Faire folder Kx ou Qx n’apporte pas un gros gain à AA, car ces mains sont déjà presque mortes contre nous.
À l’inverse, check donne à la BB l’occasion de bluff river ou de miser thin. Une main forte ne doit pas toujours miser. Ce qui compte davantage, c’est quelles mains notre mise fait folder.
Par exemple, J♠7♠ ressemble naturellement à un bluff. C’est une main suited, et il est facile d’imaginer quelques possibilités de quinte. Mais en détenant un J, on bloque une partie des mains hauteur J que la BB aurait pu payer flop puis abandonner turn. On bloque donc certaines mains que l’on souhaite voir folder.
À l’inverse, une main comme 6♠5♠ peut être un bien meilleur candidat à barrel. Faire folder un tirage couleur élimine une possibilité de perdre au showdown, et détenir un 5 réduit aussi une partie des combos de check-raise de la BB. À cela s’ajoute la possibilité de gagner un gros pot si la main s’améliore en quinte.
La plupart des joueurs se sentent mal à l’aise à l’idée de miser turn avec une petite pocket paire. Ils construisent donc leurs bluffs uniquement avec des mains plus familières comme les tirages couleur, les open-enders ou les gutshots.
Cette approche n’est pas une stratégie complètement défaillante. En regardant seulement la fréquence totale de mise, la différence peut sembler faible. Mais la composition de range change. Si vous bluffez uniquement avec des tirages naturels, votre adversaire peut supposer que vos barrels ont une structure plus lisible, et la fréquence de check de certaines mains fortes change aussi.
Ce concept ne doit pas être appliqué de la même façon à tous les flops. Sur un board comme K♥8♦7♦, qui ne contient qu’un seul broadway, la range de défense de la BB se connecte beaucoup mieux. Le BTN peut toujours avoir de bonnes mains, mais il est beaucoup plus difficile de mettre la pression avec toute sa range comme sur un board AKQ.
Sur un board à deux broadways comme J♥T♥5♦, une stratégie de petite mise flop avec une range large apparaît souvent. Mais la carte turn est cruciale. Les cartes hautes comme A, K ou Q qui ne complètent pas la couleur sont bonnes pour le BTN. À l’inverse, une petite carte de cœur qui complète les tirages couleur de la BB réduit l’avantage du BTN.
Questions à vérifier avant de barrel turn
Sur les boards où le BTN est massivement avantagé, les bluffs évidents ne suffisent pas à exploiter toute la force de sa range. Sur un flop comme AKQ, si la structure rend difficile pour la BB de continuer turn après avoir payé flop, les petites pocket paires et les paires faibles deviennent aussi des candidats agressifs.
L’essentiel n’est pas le nom actuel de la main. 66 ne doit pas automatiquement check sous prétexte que c’est une « underpaire » : il faut comparer ce que la mise fait folder, le plan de secours lorsque l’on est payé, et la faible valeur du check.
원문: https://blog.gtowizard.com/the-art-of-value-bluffing-from-the-button/
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